Présentation du projet
Pour bien comprendre ce qu'est le Jardin d'Oréda il faut d'abord avoir quelques infos sur ce qu'est l'AMSADHG .

Sur le territoire de la Haute Gironde, l’AMSADHG a pour objet de :

1/ Contribuer à la qualité de la vie et au bien-être des personnes à leur domicile en :

  • Participant au maintien et au développement de leur autonomie;
  • Favorisant le développement de leurs potentiels physiques, psychiques, et cognitifs;
  • Concourant à la conservation des liens sociaux pour les personnes isolées, ou en voie d'isolement, et/ou en souffrance.

2/ Contribuer à l'évolution de l'offre de services et de compétences, en :

  • Proposant l'intervention d'une équipe pluridisciplinaire de professionnels qualifiés dans un cadre médico-social;
  • Proposant l'intervention de bénévoles formés dans le cadre d'un accompagnement relationnel;
  • Coopérant au développement de l'offre de services à la personne avec l'ensemble des acteurs du territoire.

 

L’AMSADHG gère les services et dispositifs suivants :

• Un Service d’Aide et d’Accompagnement à Domicile (SAAD) autorisé par le Conseil Départemental de la Gironde. Il s’adresse à toute personne quel que soit son âge, notamment les personnes fragiles et couvre les cantons de Blaye, Bourg en Gironde, St-André de Cubzac et St-Savin. Il s’agit du 3ème SAAD de Gironde avec 171 000 heures/an et plus de 1 000 bénéficiaires/an.

• Un service mandataire qui couvre l’ensemble de la Haute Gironde et qui s’adresse à tout public (32 000 heures/an).

• Un Service de Soins Infirmiers à Domicile (SSIAD) financé par l’Agence Régionale de Santé Aquitaine de 232 places, dont 45 places pour personnes en situation de handicap, 32 places dédiées à un dispositif d’urgence (Transi-SSIAD), 10 places en Equipe Spécialisée Alzheimer (Mémo-SSIAD) et 145 places pour des personnes âgées lourdement dépendantes. Il couvre l’ensemble de la Haute Gironde et accompagne chaque année plus de 450 personnes.

• Un Service d’Accompagnement Médico-Social pour Adultes Handicapés (SAMSAH) de 30 places, cofinancé par l’ARS et le Conseil Départemental. Il peut accueillir en file active 45 personnes, quel que soit leur handicap (polyvalent) sur l’ensemble de la Haute Gironde.

• Une équipe de bénévoles qui intervient à domicile pour rompre l’isolement des personnes âgées et leurs aidants. L’équipe se compose actuellement d’une dizaine de bénévoles qui accompagnent une quinzaine de bénéficiaires.

• Une MAIA (méthode d’action pour l’intégration des services d’aide et de soins dans le champ de l’autonomie). Créée en 2013, elle couvre le territoire de la Haute Gironde et le service de gestion de cas accompagne plus de 90 personnes âgées en situation complexe.

• Des actions dans le champ de la prévention (ateliers, conférences,…) et de l’aide aux aidants (formations,…) regroupant plus de 150 personnes chaque année.

 

Après ces quelques lignes sur l'AMSADHG, je vais tenter de vous donner des informations sur le jardin d'Oréda, vous permettant de mieux comprendre ce qui nous anime dans ce projet.
Présentation du projet

Le jardin d'Oréda, fréquenté depuis juin 2014, permet à des personnes en situation de handicap ou vieillissantes (dont Alzheimer) d’exprimer leurs potentialités.

Le public amené à fréquenter le jardin réside en Haute Gironde (cantons de Blaye, Bourg en Gironde, St-André de Cubzac, St-Ciers sur Gironde, St-Savin). Ce territoire se caractérise avant tout par ses mauvais indicateurs socio-économiques, son enclavement géographique et sa mauvaise desserte en transports en commun.

Le point de départ de ce projet remonte à la réflexion collégiale menée en interne, en 2010, pour élaborer le plan de développement stratégique de l’Association. Les problématiques suivantes – besoin de valorisation des potentiels des bénéficiaires à travers des activités de proximité en raison des difficultés de transport, précarité financière chez un nombre croissant de salariés dans un contexte où les salaires n’évoluent plus – appelaient et appellent toujours de nouvelles formes d’intervention. Plus tard, le directeur de l’Association, dans le cadre d’une activité d’ordre privé, en sa qualité de membre d’une AMAP (association pour le maintien d’une agriculture paysanne) cultivant des produits biologiques, a échangé avec un des paysans associés de cette structure sur le projet de création d’un jardin destiné aux usagers des différents services de l’Association, mais également ouvert sur l’extérieur. Ce paysan était par ailleurs éducateur spécialisé à l’origine. Les deux ont alors réfléchi ensemble sur la façon de concrétiser le projet. Le paysan éducateur a été recruté par la suite par l’Association pour concilier les deux approches : l’accompagnement des bénéficiaires en situation de handicap au travers d’un support, d’un outil de promotion de l’autonomie qu’incarne le jardin.

Les objectifs de ce projet :

  • Réunir les conditions favorables à l’émergence d’un lien social, un lieu pour partager avec d’autres une activité simple, sans stress, sans jugement de valeur…
  • Favoriser dans un espace « jardin » la stimulation globale de personnes en situation de handicap ou vieillissantes, la marche, la motricité fine, la mémoire, la prévention, l’attention, l’expression, la valorisation…
  • Reconnecter des personnes vulnérables avec un projet de citoyenneté participative, appartenir à un projet, en être acteur et participer aux décisions d’évolution, être « visible » dans une volonté d’ouverture vers l’extérieur…

Les actions à mettre en œuvre :

  • Séances individuelles et en groupe (collectives) au jardin (activité spécifique individualisée, ateliers confiture, conserves, binôme de travail sur le plan de culture, réunions à thème au jardin,…) ;
  • Réalisation d’une allée de déambulation pour personnes à mobilité réduite, de carrés de jardin surélevés, installation d’une serre de plants, création d’une spirale aromatiques, verger…Réhabilitation du chemin d’accès au jardin et mise en place d’un parking ;
  • Création d’un collectif des usagers du jardin ;
  • Création et gestion d’une « banque » de graines, une « Grainothèque ».

Plus en détails :

Initier de nouveaux modes de réponse aux besoins des habitants :

- Rompre l’isolement des personnes les plus vulnérables ou en situation de handicap : pouvoir identifier un lieu à l’extérieur de chez soi ou d’un établissement médico-social qui ne soit pas un espace de « compétition », dans lequel l’individu est moins stigmatisé, plus libre et où le rythme des saisons permet de se « raccorder » à une notion de rythme biologique, un espace de rencontres qui donne envie de lien social, rencontre des autres, échange d’idées, appartenance à un projet….

- Accès pour des personnes fragiles à une nourriture de qualité : les légumes de ce jardin sont le résultat de choix affirmés dans l’organisation du lieu (permaculture) et d’un engagement vis-à-vis des personnes qui le fréquentent à produire une nourriture de qualité, sans intrants issus de la pétrochimie et avec la volonté de proposer « dans l’assiette » un autre modèle de consommation. Bénéfices sur la santé, plaisir alimentaire, participation active à une prise de conscience…

- Proposer un lieu de mobilisation et d’expression: les bénéficiaires des services de l’AMSADHG, par ailleurs habitants de la Haute Gironde, trouvent à quelques kms de chez eux, un espace où ils peuvent exprimer leurs potentialités. C’est un jardin avec une vocation thérapeutique affirmée. Jardin des sens, jardin des saveurs, jardin des fleurs, jardin forêt… On y vient pour être en mouvement, déambuler, exprimer ses émotions, être actif, se reposer, partager ses savoirs, apprendre … Mais aussi faire entendre sa voix à travers le Collectif des usagers du Jardin et s’ouvrir à d’autres types de relations sociales (échanges et troc) en participant au fonctionnement de la «Grainothèque».

Permettre au plus grand nombre (habitants, associations, décideurs, …) de s’impliquer dans la vie locale.

- Permettre l’expression d’une citoyenneté locale : l’engagement de certains habitants de Haute Gironde pour faire de ce projet un jardin « partagé » se révèle l’expression d’un besoin de citoyenneté participative. Des « énergies » se mobilisent autour de ce projet de jardin thérapeutique, un partenariat avec des associations locales pour du prêt de matériel, du bénévolat de salariés de l’AMSADHG pour l’irrigation et des plantations, la participation active de salariés à l’Inauguration du Jardin, des dons de matériel de jardinage par les uns et les autres, de la « récup » pour s’inscrire dans un modèle de consommation durable…, une mobilisation pour des travaux plus conséquents ( nettoyage de la mare).

- Créer un réseau de partenaires économiques locaux : les aménagements de ce jardin thérapeutique se « pensent » avec la volonté de privilégier des « acteurs de proximité », les entreprises locales, l’artisanat , la notion de « relocalisation de l’économie » anime le choix que nous faisons des fournisseurs et de nos prestataires afin de conserver une cohérence dans notre démarche. Au-delà, nous pensons aussi qu’un artisan local est beaucoup plus « à l’écoute » de nos besoins. N’oublions pas que derrière ce professionnel il y a aussi un habitant du territoire. Le relais est plus facile, l’implication également …

- Favoriser l’intergénérationnel : le jardin thérapeutique d’Oréda permet de renforcer les liens sociaux entre les générations, l’acceptation de l’autre, l’échange des savoirs, souvent un enjeu territorial majeur. Une dimension pédagogique et éducative existe également dans ce projet, pour une Ecole ou les enfants rencontrent « l’autre » et partagent avec lui. Un espace ou des adolescents peuvent accompagner leurs grands-parents et « vivre ensemble » cet espace extérieur...

Favoriser de nouvelles solidarités entre habitants, entre types d’acteurs, entre territoires.

- Développer le travail en réseau, faire du jardin thérapeutique un espace d’interventions mutualisé : dans une logique de financement resserré des projets d’accompagnement des publics en situation de handicap, le jardin thérapeutique d’Oréda doit s’ouvrir à des partenariats permettant des économies d’échelle et de moyens, un enrichissement dans les différentes pratiques d’accompagnement au jardin, créer des modes opératoires avec des services hors champ de l’intervention à domicile est aussi à moyen terme la garantie de rester « éveillé » sur une dynamique de projets…

- S’inscrire comme acteur d’une politique de développement durable sur le territoire et au-delà : le jardin thérapeutique d’Oréda est un lieu de réflexion sur le développement durable, les principes de permaculture qui animent l’organisation de ce jardin sont des axes forts en ce sens : la gestion de l’eau avec les toilettes sèches et la réhabilitation du puits pour l’irrigation en goutte à goutte, les cultures sur buttes autofertiles, des arbres fruitiers de variétés anciennes et locales adaptés au climat et au sol, la réimplantation de haies pour favoriser la biodiversité… Le jardin thérapeutique d’Oréda a vocation à présenter concrètement un modèle de « design » (concept issu de la permaculture) et d’organisation spécifique et vertueux dont le territoire pourrait se servir dans sa communication à plus grande échelle.

Quels sont les bénéficiaires visés par le projet ? Comment sont-ils repérés ou choisis ?

- Les bénéficiaires du jardin thérapeutique d’Oréda sont des personnes domiciliées en Haute Gironde, en situation de handicap, des personnes atteintes de maladies neurodégénératives type Alzheimer, des personnes vulnérables sur le plan social. Ces personnes sont adressées au jardin thérapeutique par les différents services de l’AMSADHG (SAMSAH, SSIAD, SAAD,…). Un mode opératoire avec chaque service est défini en amont. Le principe du jardin thérapeutique s’inscrit pour ces personnes dans une logique de volontariat et de réponse à un projet de vie plus global, appelé projet personnalisé.

- La mise en œuvre du projet personnalisé de chaque bénéficiaire constitue le « cœur » de l’action d’accompagnement des services de l’AMSADHG. Le choix du jardin thérapeutique s’effectue après la confrontation avec les besoins du bénéficiaire et l’appréciation des bénéfices qu’il est susceptible d’en retirer. Une visite de découverte du jardin d’Oréda est ensuite organisée. Le souhait de fréquenter ou pas le jardin reste une décision prise ensuite par le bénéficiaire. Les objectifs attendus sont nommés, les modalités définies ensemble et une évaluation se fait de façon régulière. Les séances au jardin thérapeutique s’avèrent différentes d’un individu à l’autre, en raison de l’adaptation au type de handicap, des aménagements de zones diversifiées, des activités saisonnières, de la progression des activités … Le jardin thérapeutique est en évolution permanente et les aménagements restant à réaliser tiennent compte des observations des personnes fréquentant déjà les lieux, le chemin pour PMR (personnes à mobilité réduite) en particulier.

- Ces personnes sont les bénéficiaires premiers du projet mais de nouveaux publics extérieurs à l’AMSADHG vont pouvoir accéder au jardin prochainement tels que les enfants d’école, d’établissements spécialisés,…

Aspects innovants de ce projet :

- Le jardin thérapeutique d’Oréda est un jardin non accolé à un établissement sanitaire ou médico-social, un espace organisé sur des principes de la permaculture avec un potager très diversifié, le choix de légumes anciens, la plantation de variétés de fruitiers rustiques, l’envie d’être autonome de « la graine à l’assiette », la conservation et la multiplication de variétés locales, dans la volonté de recycler des biens de consommation, des objets ne servant plus à leurs anciens propriétaires.

- Ce qui en fait un jardin avec un potentiel d’ouverture sur l’extérieur, des passerelles possibles vers le monde associatif, les écoles primaires du territoire, les établissements sociaux du secteur, l’insertion professionnelle, les entreprises, les structures de soins, EPHAD, hôpital, d’autres jardins thérapeutiques.

- Le jardin thérapeutique d’Oréda s’adresse à des personnes domiciliées sur toute la Haute Gironde. Les différents services de l’AMSADHG interviennent dans des situations présentant des problématiques très variées. Les situations de handicap rencontrées au jardin sont donc très différentes les unes des autres, ce qui en fait un lieu riche de « diversité humaine ». Les partenariats avec d’autres acteurs du territoire viennent aussi enrichir cette « aventure »

Informations complémentaires :

- Le jardin thérapeutique d’Oréda constitue la première étape d’un projet d’une dimension plus importante. La première phase, déjà initiée, est de créer une « installation humaine » fonctionnant, autant que faire se peut, comme un écosystème naturel, principe fondateur de la permaculture et permettant l’accueil des bénéficiaires de l’AMASDHG dans un jardin à vocation thérapeutique.

- La deuxième étape du projet (horizon 2017) est la mise en place en parallèle au jardin thérapeutique d’un jardin ouvrier. Celui-ci sera ouvert aux salariés de l’AMSDHG et aux tiers extérieurs intéressés.

- La troisième étape de ce projet quant à elle verra le jour à l’horizon 2019 et portera sur l’inscription de ces jardins comme outils, supports du territoire dans l’éducation à l’environnement et au développement durable (EEDD) via la mise en place de stages, d’ateliers, de formation (écohabitat, autonomie énergétique et alimentaire, jardinage permaculturel, santé par les plantes…).

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